La Speedgoat 6 débarque avec une promesse ambitieuse : rester la référence polyvalente de Hoka tout en gommant les petites faiblesses de sa devancière.
Voici ce que vous devez savoir avant de craquer :
- Maintien renforcé : la tige plus structurée enveloppe mieux le pied, surtout à l’avant
- Stabilité exemplaire : plateforme large et rigidité en torsion pour affronter les dévers sereinement
- Amorti généreux : le confort signature Hoka est toujours au rendez-vous pour les longues distances
- Compromis assumé : un peu moins de souplesse et de dynamisme que la V5 sur les terrains roulants
Dans cet article, je vous détaille la fiche technique, j’analyse la conception de la chaussure, je décortique son comportement sur le terrain et je vous aide à déterminer si ce modèle correspond vraiment à votre pratique du trail.
Fiche technique
La Speedgoat 6 affiche des caractéristiques qui la positionnent clairement dans la catégorie des chaussures polyvalentes pensées pour la longue distance. Vous cherchez une référence stable pour vos ultras ? Cette fiche va vous intéresser.
| Caractéristique | Valeur |
| Drop | 5 mm (vs 4 mm annoncé V5) |
| Poids homme | ~278 g |
| Poids femme | ~232 g |
| Stack talon/avant | 40/35 mm ou 33/28 mm selon sources |
| Catégorie | Polyvalente longue distance |
| Prix public | 160 € |
Le drop passe à 5 mm, soit un millimètre de plus que sur la V5. Ce léger rehaussement peut paraître anodin, mais il soulage vos mollets sur les très longues sorties. Si vous visez des ultras de plus de 50 km, ce détail compte vraiment.
Le poids affiche une baisse de 10 à 15 grammes selon les pointures par rapport à la génération précédente. Cette légèreté gagnée se ressent à l’usage : la foulée devient un peu plus aérée sans sacrifier la protection. La Speedgoat 6 existe également en version Wide pour les pieds très larges, un vrai plus si vous avez l’habitude de souffrir à l’avant-pied dans vos chaussures standard.
Concernant le stack (hauteur de semelle), les mesures varient selon les sources consultées. Retenez simplement que la semelle reste élevée sans tomber dans l’extrême façon Stinson. Vous bénéficiez d’un bel amorti tout en gardant un minimum de sensation du terrain.
Conception & matériaux
Hoka a revu sa copie sur plusieurs aspects de la conception pour cette sixième version. L’objectif affiché ? Améliorer la stabilité et le maintien sans trop sacrifier le caractère polyvalent qui fait le succès de la gamme Speedgoat.
La semelle intermédiaire embarque une mousse CMEVA de nouvelle génération. Cette mousse moulée offre un rebond légèrement supérieur à celui de la V5 tout en permettant de gagner quelques précieux grammes. Hoka a conservé son fameux effet baquet : la mousse remonte sur les côtés du pied pour le caler et limiter les vrilles, particulièrement appréciable quand vous attaquez des passages en dévers.
La semelle extérieure mise sur du Vibram Megagrip, une gomme qui a fait ses preuves en matière d’adhérence. Selon les versions, vous trouvez du Litebase qui allège encore le poids. Le dessin des crampons reprend la forme en étoile de la V5 avec, sur certaines versions, les fameux Traction Lug (micro-dents supplémentaires) qui grattent encore mieux sur terrain meuble.
La structure globale gagne en rigidité en torsion par rapport à la V5. Cette rigidité accrue booste la stabilité mais réduit la souplesse de la chaussure. C’est un choix assumé par Hoka : privilégier la sécurité et le confort sur ultra plutôt que l’agilité pure en single technique.
Tige (upper)
La tige constitue l’une des vraies évolutions de cette Speedgoat 6. Hoka a visiblement écouté les retours sur la V5 et a sérieusement renforcé cette partie de la chaussure.
Le mesh gagne en épaisseur et en densité. Le logo repositionné au centre vient rigidifier la zone médio-pied, ce qui améliore nettement le maintien. À l’usage, vous sentez vraiment la différence : le pied reste bien enveloppé, même sur terrain chaotique. L’avant-pied particulièrement bénéficie de ce renfort, vous permettant d’affronter les descentes techniques avec plus de confiance.
La languette reste relativement fine et modérément rembourrée. Elle enveloppe correctement le pied et limite l’intrusion de poussière et de petits débris, même si elle ne fait pas de miracles. Sur ce point, la Speedgoat 6 reste dans la moyenne de sa catégorie.
Le pare-pierres demeure le point faible de la chaussure. Il reste fin et offre une protection moyenne. Si vous tapez régulièrement du pied contre des rochers ou si vous courez sur des terrains très caillouteux, vos orteils resteront parfois exposés. C’est dommage car tout le reste de la tige progresse vraiment.
Le col au niveau du talon adopte une forme évasée. Cette conception facilite l’enfilage grâce à la petite tirette prévue à cet effet, mais elle laisse aussi passer des débris si vous ne portez pas de guêtres. Notez l’absence de garage à lacets, un détail qui peut agacer certains d’entre vous.
Semelle intermédiaire & semelle extérieure
La semelle intermédiaire constitue le cœur de l’expérience Speedgoat. La mousse CMEVA moulée délivre cet amorti généreux qui a fait la réputation de Hoka. Vous avez vraiment cette sensation de “coussin d’air” sous le pied, particulièrement appréciable quand vous enchaînez les heures de course.
L’effet baquet mérite qu’on s’y attarde. Cette mousse qui remonte sur les côtés de votre pied joue un rôle fondamental dans la stabilité de la chaussure. Elle cale le pied, limite les vrilles et vous rassure en dévers. Quand vous attaquez une traversée pentue, vous sentez ce maintien latéral qui vous évite de partir en torsion de cheville.
La tonalité de la mousse évolue par rapport à la V5. Elle se montre plus ferme et moins souple. Cette fermeté accrue, combinée à l’allègement de la chaussure, génère un léger surcroît de rebond. Vous ne retrouvez pas le moelleux prononcé de la V5, mais vous gagnez en efficacité sur les relances.
La sensation au sol reste présente malgré le stack élevé. Vous gardez suffisamment de feedback du terrain pour adapter votre foulée, sans pour autant sentir chaque caillou. C’est un équilibre réussi entre protection et sensation.
La semelle extérieure s’appuie sur du Vibram Megagrip, une gomme qui ne déçoit jamais. L’adhérence s’avère excellente sur la plupart des terrains. Les crampons reprennent le dessin en étoile de la précédente génération, avec une hauteur qui oscille entre 3 et 5 mm selon les sources et versions. Les modèles équipés des Traction Lug (ces petites micro-dents supplémentaires) grattent encore mieux sur les surfaces meubles.
Sur terrain sec, en forêt ou sur terre compacte, l’accroche est très bonne. La chaussure inspire confiance et vous permet de pousser dans les descentes sans arrière-pensée. Sur terrain gras ou boueux, le grip reste correct à bon selon la profondeur de vos crampons et la présence ou non des Traction Lug. La Speedgoat 6 n’est pas une spécialiste de la “bouette” comme peuvent l’être certains modèles ultra-techniques, mais elle s’en sort honorablement.
Sur roche humide, le Vibram fait des merveilles. Vous pouvez attaquer les dalles mouillées avec une confiance raisonnable. Quelques retours mentionnent de rares cas de décollement de la semelle sur des terrains très abrasifs, mais je ne l’ai pas constaté personnellement et ces cas restent anecdotiques.
Performances par contexte
En compétition, la Speedgoat 6 trouve sa place dès que vous visez des distances de 40 à 50 km et au-delà. Elle excelle particulièrement sur les ultras, des 100 km jusqu’aux 100 miles. Le drop à 5 mm économise vos mollets, l’amorti généreux préserve vos articulations et la stabilité vous permet de rester concentré sur votre allure plutôt que sur vos appuis.
Pour l’entraînement, cette chaussure s’adapte à tous vos types de sorties. Vous pouvez l’utiliser aussi bien pour des sorties actives que pour des footings plus chill ou même des rando-courses. Sa polyvalence fait qu’elle ne vous décevra jamais, même si elle ne sera pas forcément optimale sur tous les terrains.
Les terrains favoris de la Speedgoat 6 vont du peu technique au très technique. Elle digère aussi bien les surfaces meubles que compactes et ne bronche pas sur les passages alpins ponctuels. Évitez simplement de l’emmener sur des terrains extrêmement boueux où des modèles plus spécialisés feront mieux.
Les rythmes intermédiaires à lents correspondent parfaitement à sa philosophie. Si vous visez des chronos sur marathon trail ou si vous adorez pousser fort sur piste forestière, orientez-vous vers d’autres modèles. La Speedgoat 6 préfère les allures mesurées où elle peut déployer tout son confort et sa stabilité.
Concernant les profils de coureurs, la chaussure convient aux pieds de fins à un peu larges, avec une option Wide pour les pieds très larges. Les coureurs légers comme lourds y trouveront leur compte grâce à l’amorti et à la plateforme généreuse.
Vous allez adorer cette chaussure si vous recherchez un amorti généreux mais maîtrisé, si vous priorisez la stabilité et la sécurité sur les terrains techniques ou en dévers, et si vous visez des ultras en montagne où la préservation de vos mollets compte.
À l’inverse, évitez la Speedgoat 6 si vous cherchez une chaussure hyper agile pour les singles très sinueux (regardez plutôt du côté de la Torrent ou de la Zinal 2), si vous voulez un pare-pierres très protecteur, ou si vous adorez la souplesse et le dynamisme de la V5 pour les terrains roulants (dans ce cas, restez sur la V5 ou explorez la Challenger et la Stinson).
Comparaisons & alternatives
Dans la gamme Hoka, plusieurs modèles peuvent vous faire hésiter selon votre pratique. La Mafate Speed 4 se positionne comme la vraie rivale de la Speedgoat 6 sur les ultras en montagne. Elle offre un caractère encore plus technique et un grip supérieur sur terrain gras. Si vos trails se déroulent régulièrement dans des conditions humides et très cassantes, la Mafate mérite votre attention.
La Challenger et la Stinson proposent un profil plus roulant et un confort d’autoroute. Ces modèles excellent sur les pistes larges et les terrains peu techniques où vous pouvez dérouler votre foulée. Elles sont plus souples et plus dynamiques que la Speedgoat 6 sur ce type de terrain.
La Torrent et la Zinal 2 jouent dans la catégorie des chaussures agiles et vives pour les singles techniques. Si vous privilégiez la maniabilité et les changements de direction rapides, ces modèles vous conviendront mieux que la Speedgoat 6 qui mise avant tout sur la stabilité et la protection.
Face à la Speedgoat 5, la V6 se montre plus stable, mieux maintenue et légèrement plus légère. Elle perd en souplesse et en dynamisme sur roulant, mais gagne en adaptabilité aux très longues distances. Votre choix dépendra de vos priorités : fun et polyvalence pour la V5, sécurité et ultra pour la V6.

Passionné de course à pied depuis mon plus jeune âge, j’ai couru de nombreux marathons et travaillé comme entraîneur de running pendant plusieurs années. Fort de cette expérience, j’ai décidé de créer Sprint Running pour partager mes connaissances et aider d’autres coureurs à atteindre leurs objectifs.